Les origines

À l’origine, le terme escape game fait référence à un sous-genre de jeu vidéo d’aventure point and click, où le joueur est plongé dans un univers et doit interagir avec les objets de son environnement et résoudre des énigmes pour parvenir à avancer et finir le jeu.

A partir de 2004, on parle d’escape room, avec la sortie du jeu vidéo « Crimson room », développé par Toshimitsu Takagi. Le joueur doit résoudre des énigmes en interagissant avec son entourage afin de sortir d’une salle et passer au niveau suivant.

En 2007, la société SCRAP à voulu mettre en scène les joueurs, faire vivre l’expérience en vrai et créé alors les live escape room. C’est en 2011, à Budapest que le live escape room arrive en Europe grâce à la société Parapark qui voulait faire du team building. Mais c’est grâce à la franchise Hint Hunt créée en Hongrie en 2012 que le live escape room s’exporte partout en Europe, dont la France à partir de 2013.

Pour vous donner une idée de l’engouement pour ce format de jeu, voici quelques chiffres sur le secteur d’activité en France :

Année Nb d’enseignes Nb

de salles

Nb de scénarii Nb

de villes

Nb de franchiseurs
2013 1 2 2 1 1
2017 300 806 587 176 22
2018 642 1 732 1 515 372 47

(source : https://www.escapegame.paris/blog/infographie-escape-games-france-2017/)

 

C’est quoi en fait un escape?

Le principe de base est le suivant : vous êtes plusieurs, enfermés dans une salle, vous disposez d’une heure pour résoudre une série d’énigmes qui vous permettent d’avancer et de trouver comment sortir de la salle.

Une fois les bases de la mécanique de jeu posées, la seule limite pour varier les plaisirs est l’imagination des créateurs (bon et parfois le budget aussi…). Ainsi, le nombre de joueurs peut passer de 3 à 100, la durée de jeu peut être inférieure ou supérieure à 60min, les énigmes peuvent être avec ou sans fouille (ex : trouver des billes cachées partout dans la salle), avec ou sans mécanismes (ex : une porte qui s’ouvre après avoir bougé un livre sur une étagère) ; une notion d’enquête peut être ajoutée à la mission principale (chercher à sortir), des missions secondaires peuvent permettre de rajouter ou d’enlever du temps, etc.

Si le gameplay est important – c’est-à-dire la mécanique de jeu – pour une expérience de jeu réussie, l’immersion l’est tout autant. Il s’agit de plonger le joueur au cœur d’une histoire, d’un univers qui lui fasse totalement oublier la réalité, qui lui fasse ressentir des émotions. Tout cela passe par la qualité des décors, la musique d’ambiance, le scénario de départ, mais surtout à la cohérence entre tous les éléments.  Si l’on vous annonce que vous incarnez un enquêteur qui entre dans la maison du maire d’un village de la campagne londonienne du 18ème siècle, vous ne comprendriez pas qu’une horloge digitale soit présente dans la salle. De même, si l’on vous explique que vous enquêtez sur des meurtres dont le maire est peut-être responsable et qu’il peut revenir à tout moment, vous seriez déstabilisé par une musique de cirque, alors qu’une musique type train-fantôme renforcerait votre immersion.

C’est grâce à cette cohérence que l’expérience de jeu est garantie, que l’on devient accro à ce type de jeu. Ceci remporte un tel engouement que l’escape game devient un nouveau média de communication grand public. Le PSG proposait un escape game virtuel pour découvrir les coulisses du Parc des Princes ; l’Opéra Garnier et son escape game pour se promener de manière originale dans le lieu ; la SNCF a elle aussi organisé un escape game lors d’un voyage Lille-Paris pour 280 joueurs ; Et même le Salon de l’agriculture propose un escape game pour découvrir la filière du céréale.

Alors, après tout, si les mécanismes de l’escape game permettent de communiquer, pourquoi ne permettraient-ils pas aussi de recruter ?

Escape et recrutement

Eh bien justement, c’est la grande tendance. Avec l’arrivée sur le marché du travail des générations Y et Z, les processus de recrutement se transforment. Les réseaux sociaux servent de plateforme de recrutement et les CV vidéos ne sont plus le seul apanage des artistes. Tout le monde y va de son originalité. La tendance est de mettre en avant sa singularité.

Si les candidats innovent, pourquoi pas les recruteurs eux-mêmes ? C’est là qu’intervient l’escape game. En effet, face à une expérience ludique, les gens redeviennent naturels et dévoilent leur véritable personnalité car c’est impossible de jouer un rôle pendant 1 heure. Ce qui compte pour un recruteur ce n’est pas la réussite (sortir de la salle) mais le comportement des candidats/joueurs au sein du groupe. Et croyez-en mon expérience, ce n’est qu’une fois plongé dans l’univers du jeu, enfermé dans la salle que les vrais leaders se dévoilent (d’ailleurs bien souvent les plus discrets pendant le briefing initial).

Mais l’escape game ne permet pas uniquement de jauger des capacités d’un candidat/joueur à mener un groupe. Les clés de la réussite, sont surtout la communication, le travail d’équipe, le sens de l’écoute, la réactivité, la prise de recul et savoir rester concentré malgré la pression. Et cela, chaque joueur peut le montrer, qu’il soit leader ou non.

De plus, les scénarii étant tellement vastes qu’il est possible pour un escape game de s’adapter à une compétence en particulier.

Évidemment, bien que d’un très grand intérêt, l’escape game n’a pas pour vocation de remplacer un entretien classique. Il s’agit plutôt d’un outil complémentaire servant de base à un échange plus formel entre recruteur et candidat.

Et pour la formation?

Si l’escape game permet de recruter, pourquoi ne servirait-il pas également à former ?

Le jeu sérieux (ou Serious Game) a déjà fait ses preuves depuis longtemps. En effet, basé sur un modèle constructiviste, il permet de renforcer la mémorisation et donc l’apprentissage. L’aspect ludique du jeu sérieux renforce lui la motivation, l’implication de joueur/apprenant et favorise donc également l’apprentissage.

On l’a vu, l’escape game est un médium très ludique. Il peut donc servir la formation au même titre que le jeu sérieux. Il a en plus l’avantage d’être moins cher, le jeu sérieux étant souvent vidéo alors que pour un escape game, de simples feuilles de papier ou des éléments récupérés de jeux de sociétés peuvent suffire.

Par ailleurs, plongé au cœur d’une histoire avec pour objectif de sortir, le joueur/apprenant n’a plus peur de se tromper. Il ose donc essayer, faire des erreur, recommencer, trouver la solution. On retrouve ainsi la boucle vertueuse des jeux qui nous pousse tous à continuer, poursuivre, aller plus loin : l’OCR pour Obstacle, Challenge, Récompense. Les sciences cognitives ont maintes fois prouvé que cette boucle vertueuse facilite l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences car ce qui motive l’être humain c’est le challenge, ce qui facilite la mémorisation c’est de contourner soi-même un obstacle et ce qui consolide l’apprentissage sont les récompenses et gratifications, la fierté d’avoir réussi quelque chose.

L’escape game permet aussi de travailler sur la dynamique de groupe. Il suffit alors de composer des équipes permettant aux personnes un peu effacées de se révéler, de reprendre confiance en elles, et aux personnes les plus présentent de s’effacer un peu au profit du groupe.

Tout comme pour le recrutement, l’escape game n’est qu’un outil supplémentaire, un outil complémentaire permettant d’enrichir et d’améliorer une formation.

Ludiquement votre.

Ebook
e-learning

[Ebook] Formation eLearning – L’essentiel à retenir

Télécharger