Les MOOC sont partout, dans les journaux, radio, réseaux sociaux, blog et même le 20h de TF1 y a consacré un sujet fin septembre. On nous parle de révolution technologique, d’innovation, de nouvelle pédagogie… Tout un tas de termes élogieux, mais qu’apportent-ils de nouveau à notre enseignement ? On nous présente la partie visible et immaculée de l’iceberg, mais quelles en sont les faces cachées ?

Pour mémo, le MOOC signifie « Massive Open Online Course », il se traduit en français par des « cours en ligne ouverts à tous ». Le principe est en fait très simple : des profs réalisent des cours diffusés à heure précise comme pour un cours classique en présentiel, à la différence près que le cours a lieu sur Internet et non dans une salle. Une fois la première diffusion faite, les participants pourront en disposer s’ils souhaitent le revoir. L’étudiant s’inscrit à un MOOC comme il le fait pour une matière à l’université et suit ses formations en ligne chaque semaine de son semestre.

L’avantage d’un MOOC est de pouvoir rassembler beaucoup plus d’apprenants à un cours en passant par Internet que dans un amphithéâtre. Les étudiants vont utiliser des vidéos, des forums, des QCM, internet et les réseaux sociaux pour suivre et travailler ces cours. Des outils que bon nombre d’entres nous utilisent quotidiennement. Rien de très innovant en somme !

Beaucoup d’animation autour de cette modalité de formation, pourtant elle ne semble pas différente du blended learning que l’on connaît en entreprise ou en centre de formation. Elle est ici adaptée à l’enseignement supérieur qui se met à la page : proposer des formations à distance en ligne. En 1950, les Australiens proposaient déjà des cours à distance avec la « school of the Air », un enseignement par radio pour les enfants éloignés de plus de 1000 km de toute école. Le CNED, fait lui-même de la formation à distance depuis plus de 60 ans. Quant aux entreprises, elles proposent à leurs salariés des formations en ligne depuis plus de 20 ans. Une entreprise peut tout à fait créer et mettre en ligne ses propres MOOC. Les éditeurs de logiciels de e-learning proposent depuis longtemps ce type de service aux entreprises via des logiciels LCMS de création de contenus et des plateformes LMS de diffusion de formations.

Le MOOC serait-il un nouveau média pour masquer un retard en matière de formation en ligne dans nos universités ?

Les ENT (Intranet universitaire) sont implantés dans le monde universitaire depuis de nombreuses années avec plus ou moins de succès, mais portent sur l’organisation de la formation, pas sur les contenus. Du retard, les universités et les Grandes écoles françaises en ont en matière d’e-learning. La création en octobre  2013 de la plateforme FUN, France Université Numérique, en encadrant et officialisant les choses, devrait pouvoir garantir une certaine qualité des cours et des pratiques. Ce point est positif mais n’oublions pas que chaque diplôme ou certification issu d’un MOOC est payant.

Le concept du MOOC, très généreux, est donc d’étendre un savoir à un public le plus large possible…en facturant l’objectif final : le diplôme ! On peut se demander quels sont les buts des acteurs à l’initiative des MOOC. Étendre le savoir ou facturer valider le plus grand nombre de diplômes ?

Plutôt que de choisir un mot issu d’une nouvelle tendance marketing, il est préférable de mettre en place une organisation efficace de la formation, qu’elle s’appelle e-learning, blended learning ou MOOC.

… Plus le temps de méditer sur les MOOC, les SPOC* sont déjà là !

*Petit cours privé en ligne (Small Private Online Classes)

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Les avantages du video learning

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